Comme l'eau coule
une descente de rivière, avec Jim Harrison

Les rivières de ma vie :

moires mouvantes de lumière, ancré au-dessous du train de bois
la nuit je vois la lune
en transparence au-dessus de l'eau comme du lait éclaté, 

la bousculade des poissons, ventre et dos tour à tour raclant le bois ou le fond

et laissant aller, le courant me soulève, m'arrache et m'emporte dans le mouvement sombre et entraînant  dérivant dans un remous

un tourbillon qui me dévie,
la barre de sable est plus fraîche que l'air :
pour dire les choses clairement,
comme l'eau coule
ainsi la terre prend forme

Assis sur la berge, l'eau renvoie un regard si intense que l'on peut la réentendre quand on veut par la suite.

C'est l'eau des rêves, et pour le promeneur nocturne qui arrive presque à marcher sur l'eau, c'est par-dessus tout l'eau de l'éveil passant à la vitesse de la vie même,  dérivant en cercles, tourbillon rejoignant le courant à nouveau comme si ce tourbillon avait été un sommeil de quelques instants. 


                     
Jim Harrison (Théorie et pratique des rivières)