Prendre le train du paysage

La recherche d’une qualité de la relation de l’homme avec le paysage, se pose et se prolonge dans la problématique de la mobilité.
Frappée par la façon dont le voyage ferroviaire a été mis à mal (des gares qui ferment, des lignes coupées), et dont le droit à l’accessibilité et à la mobilité a été/est empêché, convaincue par le rôle du train comme vecteur du regard, comme levier de projets de paysage, et dans son rôle fédérateur pour une expérience “en commun” du paysage, je photographie le train dans ce qu’il donne à voir, dans ce qui le compose et qui permet de bonnes conditions de l’expérience paysagère dans le déplacement.
Telle une salle de cinéma (le lien entre train et cinéma est éloquent), je me suis intéressée à l’importance des éléments qui composent une rame : ses sièges, ses rideaux rouges, ses écrans. Bref, tout ce qui participe à la mise en scène du paysage. Je m’attarde plutôt sur les TER, ceux-ci, roulant à une vitesse moyenne permettant de s’installer dans le voyage, et n’étant pas trop formatés et encadrés par la signalétique du voyage, mais qui portent en eux cette forme de liberté, de confort et donnent donc au voyageurs une vraie qualité de relation avec le paysage, un lien satisfaisant.