Extérieur Rêve
Comment parler de la place essentielle du paysage dans le déroulement d’une vie humaine, comment révéler ce besoin essentiel si ce n’est par l’expérience de sa privation ? Le paysage permet de voir plus loin, de se projeter, d’être déjà en mouvement, de construire un avenir viable. Voir plus loin dans l’espace, c’est voir plus loin dans le temps. Depuis le premier confinement, nous n’aurons jamais éprouvé aussi puissamment cette notion de “droit au paysage”.
C’est donc par là, par cette absence, par cette existence du paysage en creux que j’ai construit cette série réalisée lors du premier confinement, en mars 2020, où l’extérieur, le besoin de porter le regard, d’embrasser l’horizon, où le paysage comme droit et besoin essentiel de l’être humain, se sont trouvés au coeur de toutes les préoccupations.
Cette série est construite autour d’un dialogue entre la perception d’un extérieur rêvé, désiré, qui semble vouloir pénétrer les murs, rentrer dans l’appartement, qui suinte sur les fenêtres, et de mon intérieur qui se rêve, se projette dans le jardin des voisins, dans un espace ouvert, que je fais mien, par projections. Le besoin de paysage existe aussi en mouvement inverse, c’est le paysage qui vient dans mon monde, qui vient à moi.






